Chapitre n° 27 – Puissance absolue
Traducteur/Checker : SP76
D'un accord tacite, les renforts qui accompagnaient l’Auguste César s'occupèrent de repousser les alliés de Melinda.
« C'est un beau Mécha. Dommage pour l'armure. »
« Il s’agit du Marc-Antoine, conçu par quelqu'un que je connais. C'est censé être une alternative plus abordable à ce que vous pilotez. »
Le pilote du Auguste César laissa échapper un grognement méprisant. « La simple idée d’enlever des composants de cette monture est odieuse. Cela va à l'encontre de tout ce que ce Mécha représente. Toi et ton ami n'avez aucune idée de la façon dont vous avez souillé sa grandeur. »
Telle une marée inarrêtable, l’Auguste César réduisit la distance tout en tirant de laser. Les canons de Melinda tournaient à plein régime, mais la seule chose qu'elle réussit à faire fut de chauffer les couches supérieures du bouclier de son adversaire, ne faisant fondre qu'une fraction de sa masse. La défense du bouclier était le fruit des recherches menées par National Aeromotives sur l'absorption de la chaleur.
« C'est inutile ! Prépare-toi pour l’inévitable ! »
« Tu parles trop ! » hurla Melinda, en abandonnant ses laser pour la mêlée. Tel un gorille agile, elle lança son Mécha vers l'avant tout en évitant autant de tirs qu'elle le pouvait. Le Marc-Antoine s'efforça de résister aux virages soudains, même si les tirs entrants chauffaient l’intérieur. Le Marc-Antoine ressemblait à un démon de l'enfer, avec son armure sombre, ses taches rouges incandescentes et la fumée omniprésente qui s'échappait de la crête de sa tête.
« C'est un drôle de gadget, le design du casque romain. Mais je crains que tu ne perdes la boule quand je l’arracherai ! »
Le Auguste César arriva à portée de combat, mais malgré les paroles du pilote, il continuait de foncer, comme un train en marche. Melinda n'esquiva que tardivement sur le côté, subissant un coup d'estoc de la part de l’adversaire.
Les deux Méchas se rejoignirent et s'engagèrent dans un furieux échange de coups, entrecoupés par des laser opportuns. Le bouclier de l'Auguste était pratiquement indestructible, car les deux armes de Melinda manquaient de poids et de tranchant. L'épée blanche portait des coups mesurés et disciplinés qui suivaient un schéma mystérieux. Il réussit à tenir Melinda à distance.
Le pilote du Auguste César devait être une élite. Ses talents l'emportaient sur ceux de Melinda, car il déplaçait sa machine avec fluidité, comme s'il s'agissait de son propre corps. De son style d'épée à ses mouvements, tout ce que faisait le pilote ne faisait que mettre Melinda dans une position plus difficile.
« Abandonne. J'ai vu de quoi est fait ton Mécha. Tu n'es qu'une copie inférieure. »
« Tais-toi. » répondit Melinda, alors que la sueur coulait sur son visage. Elle faisait de son mieux pour s'accrocher, mais son adversaire ne cessait d'ébrécher le blindage HRF qui la protégeait.
« Je comprends pourquoi piloter une telle poubelle. Après tout, sans argent, tu ne piloteras jamais un Mécha aussi magnifique que le Auguste César de ton vivant. »
« Tout n’est pas une question d’argent ! » siffla-t-elle en s'élançant vers l'avant, risquant un coup de poignard mortel qu'elle para avec son épée d'emprunt. Son arme se fissura et se brisa en deux, mais elle réussit à attaquer le pied de l'adversaire.
Sa masse bondit déjà depuis haut, le lourd bout arrondi décrivant un arc de cercle droit vers la tête de l'Auguste César. Le pilote ennemi leva précipitamment son bouclier, faisant rebondir la masse avec une forte vibration.
« Hah, que vas-tu faire maintenant sans épée ? »
« Ça ! » Melinda laissa tomber l'épée brisée et utilisa son poignet pour tirer deux coups de laser à bout portant en plein dans les yeux. Si la majeure partie de la tête put supporter la chaleur, les capteurs principaux et les composants délicats enfouis plus profondément dans la tête n'eurent pas cette chance.
Le pilote ennemi hurla, aveuglé. Par réflexe, il donna un coup de bouclier qui repoussa le Marc-Antoine vers l'arrière. Elle recula en même temps que la poussée, et commença à se faufiler sur le côté pour profiter du fait que son ennemi s'appuyait désormais de ses capteurs secondaires.
« Tu crois que m’avoir aveuglée ? Tu te trompes ! »
Étonnamment, l'Auguste César se déplaça habilement dans la direction de Melinda. Se méfiant peut-être d'une nouvelle surprise à bout portant, il garda ses distances tout en tirant sur son laser de poignet. Le Marc-Antoine dépensait son énergie à un rythme effréné pour tenter d'esquiver les tirs.
« J’avais été sympa, jusqu’à maintenant. Je ne m'attendais pas à ce que u t’attaques à mon visage. Très bien, laisse-moi te montrer le vrai pouvoir du premier empereur ! »
L'Auguste laissa tomber son bouclier, perdant une grande partie de son avantage défensif sur le Marc-Antoine. Néanmoins, il avança avec une grâce renouvelée. Sa vitesse accrue alarma Melinda, et il lui fallut tout ce qu'elle avait pour esquiver le magistral coup d'épée de l'Auguste. Les coups qui suivirent ébréchèrent l'extérieur du Marc-Antoine, rasant plusieurs parties de l'armure des bras et du torse.
Melinda repoussa la panique et garda son calme, tout en dansant avec son Mécha. Pour chaque seconde écoulée, elle sentait son esprit s'intensifier. La forme sombre du Marc Antoine faisait écho à chacune de ses pensées, ce qui lui permettait d'éviter les épées de l'Auguste à plusieurs reprises. Même dans les cas où elle ne pouvait pas éviter les dégâts, elle faisait tout son possible pour laisser l'épée frapper les meilleures sections blindées de son Mécha.
« Tout ce que tu sais faire, c'est courir comme un cafard et sauter comme un singe ! » souffla le pilote, frustré par cette poursuite incessante. « C'est tout ce que peut faire une pute de bas étage sur une imitation de bas étage comme toi. Tu ne pourras jamais nous rivaliser, moi et mon Mécha ! »
Une fureur irrationnelle envahit Melinda. Toute sa formation lui avait recommandé de ne pas perdre son sang-froid. Ayant passé beaucoup de temps à arbitrer entre des têtes brûlées pilotant des machines de guerre de plusieurs tonnes, elle était bien consciente des que la colère pouvait faire, lors de prises de décisions.
« Le Marc-Antoine, hein ? Je suppose que tu ne connais pas l'histoire des anciens Terriens. Vois-tu, à l'époque, Auguste avait vaincu Marc-Antoine à plusieurs reprises. Et maintenant, l'histoire va se répéter. Ton Mécha de pacotille ne sera jamais aussi digne que le mien ! »
Elle n'avait plus rien en stock.
Indignée par le fait qu'on la méprisait, elle se laissa aller à la colère et hurla. Ce rugissement soudain fit hésiter pilote, lui présentant une faille impardonnable dans son assaut. Elle canalisa l'énergie cinétique de ses jambes, de son torse et de son bras entier en un seul coup dévastateur qui atterrit avec précision sur la poignée de l'épée de l'Auguste.
Les doigts s’écrasèrent, l'impact de l'élan d'un Mécha entier étant inarrêtable. Le majeur et l'annulaire se séparèrent même complètement. Malgré les dégâts critiques, l'Auguste était assez agile pour jeter son épée dans son autre main. Une fois que l'Auguste aurait récupéré son arme, le Marc-Antoine souffrirait, car il s'était gravement étendu lors de sa dernière attaque.
Les yeux de Melinda s'aiguisèrent, et elle profita de ce court instant pour faire quelque chose de peu orthodoxe. Elle enclencha les dispositifs de déverrouillage d'urgence qui maintenaient les lanceurs d'épaule du Marc Antoine attachés à son armure. Utilisant ce qui lui restait d’élan, elle projeta ses lanceurs sur l’Auguste, abasourdi.
« Peu importe l'argent que tu as, tu ne peux pas acheter ta victoire. » Melinda sourit en faisant un signe d'adieu de la main libre de son Mécha.
Elle activa les commandes qui permettaient à tous les missiles d'exploser en même temps. Des soleils jumeaux apparurent au milieu d'eux, faisant reculer le Marc-Antoine. L'explosion fissura encore plus l'armure de son Mécha, mais elle parvint à le faire tenir debout.
Lorsque la fumée et le feu se dissipèrent, l’Auguste César était dans un piteux état. Son armure ne présentait étonnamment que quelques fissures et bosses, malgré les deux détonations concentrées de son chargeur.
Malheureusement, même si son armure avait conservé une grande partie de son efficacité, les composants plus délicats situés en dessous avaient grandement souffert. Les explosions simultanées avaient provoquées des ondes de choc dignes d'une salve complète de missiles. Pire encore, les propulseurs des missiles n'avaient pas été utilisés, et ils explosèrent tous en même temps, ajoutant une qualité incandescente aux explosions, qui laissèrent l'Auguste César à moitié brûlé dans une agonie mécanique.
« Qu'est-ce que c'est... Je ne peux pas bouger mon Mécha...» dit le jeune homme en détresse, essayant de prendre le contrôle des membres tremblants de son Mécha. « L'Auguste... est… »
« Auguste n’était qu'un mortel. » Melinda s'interposa en guidant le pied de son Mécha pour réduire en miettes l'autre main de son adversaire. Le Marc-Antoine se pencha, approchant son visage menaçant et couvert de cicatrices de de celui de l'Auguste, à moitié écrasé et brûlé. « Tu n'es pas invincible à l'intérieur de ton jouet hors de prix. »
« Au moins, je peux m'en offrir un dans l'univers réel. »
« Et tu te feras botter le cul de la même manière. » nota Melinda, puis elle frappa le torse de l'Auguste. Les fissures s'élargissaient, mais l'armure résistait étonnamment bien aux coups frénétiques. Lorsque sa masse se détacha de l'armure, le corps du pilote ennemi s'était depuis longtemps effondré sous les chocs.
Jetant la masse inutile, elle s'approcha et ramassa l'épée et le bouclier pratiquement intacts du Mécha tombé au combat. « Merci de me laisser tes jouets, mon pote. »
Elle balaya du regard la mêlée confuse autour d'elle. Bien que son duel avec le Auguste César ait demandé beaucoup d'énergie à son Mécha, il n'avait duré que deux minutes environ. La victoire et la défaite n'avaient pas encore été décidées, mais Melinda s'était déjà jetée sur le Mécha ennemi le plus proche par le côté. L'adversaire ne fut pas capable de maintenir son attention dans deux directions à la fois, et perdit sa jambe inférieure d'un coup coup de la nouvelle épée de Melinda.
« Cette arme est bien meilleure que je ne le pensais. » marmonna-t-elle avec plaisir, bien que la sensation croustillante de sa masse lui manquât.
Elle libéra ses coéquipiers préoccupés, les laissant libres d'aider les autres à leur tour. L’équilibre de la bataille pencha rapidement en leur faveur, menant l'ennemi à une solide déroute, tandis que les survivants se repliaient vers la surface.
Le Marc-Antoine brandit son épée, ce qui provoqua les acclamations des survivants en signe de victoire. Bien qu'elle n'ait aucun avantage avec la qualité de son Mécha, ou de son classement, elle était parvenue à montrer des qualités digne d’un chef. La plupart des Méchas qui se battaient à ses côtés étaient prêts à suivre ses instructions.
Se réjouissant de la révérence dont elle bénéficiait, Melinda abaissa l'épée jusqu'à ce qu'elle pointe vers la sortie. « Nous avons une base à détruire. Allons-y ! »
Le groupe de Méchas se faufila hors de la sortie et atteignit enfin la surface. La plupart des défenseurs étaient encore coincés à protéger des attaques extérieurs, mais certains d'entre eux avaient déjà été alertés de l'intrusion.
« Montrez-moi où se trouve leur centre de contrôle ! »
« À six heures, le dôme près de la structure en forme de tour. »
« Très bien. Mes camarades, il ne nous reste plus qu'une chose à faire avant d'en finir. Au centre de contrôle ! »
Malgré les nombreux Méchas qui avaient fait demi-tour pour s'occuper de la menace qui avait surgi parmi eux, les envahisseurs avaient l'initiative de leur côté, et ils n’eurent besoin que de peu de temps pour atteindre le centre de contrôle. Le dôme dure les protégeait contre toutes sortes d’armes, mais lorsque Melinda écrasa le bord inférieur de son bouclier contre la surface, il se fissura et commença à s'effondrer. Quelques-uns des autres Méchas équipés d'armes de mêlée se joignirent à elle tandis que les autres repoussaient les défenseurs qui s'approchaient.
« On ne tiendra plus très longtemps ! »
« Continuez ! Nous avons juste besoin d'un peu plus de temps ! »
Les trois dernières attaques au bouclier du Marc Antoine réussirent à ouvrir une brèche. Un Mécha léger équipé d'un lance-flammes se plaça immédiatement à côté et lança un jet de flammes mortel qui incinéra tout le personnel et les ordinateurs du centre de contrôle. Melinda se baigna mentalement dans leurs cris, se sentant gratifiée d'avoir atteint leur objectif.
« Euh, Melinda. Fins des réjouissances, on a un gros problème. »
Elle sortit de sa torpeur. « Qu'est-ce qu'il y a, Janet ? »
« Tu as réussi à détruire le centre de contrôle, mais pas avant qu'ils n'aient appelé la première vague de renforts. Et tu ferais mieux de regarder dans le ciel quels renforts ils ont appelé. »
Ses capteurs se réajustèrent. Elle pouvait voir une petite tache dans le ciel qui grossissait. Il s'agissait d'un pod permettant aux Méchas d'arriver à la surface d'une planète en chute libre. Le pod grossit, grossit, grossit, grossit…
« C’est pas normal, ça. »
Le pod était bien trop grand pour contenir un seul Mécha. D'après sa taille, Melinda estimait qu'il pouvait contenir au moins huit à douze Méchas moyens, ce qui était difficile à repousser.
Ce n'est que lorsque le module enclencha ses propulseurs pour ralentir sa chute que Melinda sentit que quelque chose n'allait pas. Les propulseurs dégageaient une telle force qu'ils firent trembler tout le centre de communication. C'était comme s’ils s'efforçaient d’empêcher la chute de quelque chose de bien plus grand qu'une troupe de Méchas ordinaires.
Un impact digne d’un séisme secoua tout le monde dans les environs, lorsque le module s'écrasa à moitié au milieu de la base. La rampe du module s'abaissa lentement, prenant son temps, jusqu'à ce qu'elle se déploie complètement.
Jusqu'à ce qu'un pied de la taille d'un Mécha lourd repousse la rampe métallique d'un coup de pied. Le morceau de métal rectangulaire crissa en rebondissant sur le sol pour s'écraser contre la base d'une antenne.
Un Mécha apocalyptique de la taille du quartier général de la Garde sortit de la nacelle surdimensionnée. Chacun de ses pas semblait faire trembler les autres Méchas, créant un malaise croissant au sein de l'équipe bleue. Avec ses jambes robustes, son torse taillé en tonneau et sa paire de bras incrustés d'armes, la monstruosité de métal élargissait la définition du Mécha.
« Un Fléau. » chuchota Janet.
Dans l'histoire du développement des Méchas, il n'y avait pas de règle stricte concernant la taille et le poids des Méchas. L'adoption moderne des catégories de poids était plus une question de commodité que de calcul. C’était les doctrines qui suivirent qui avaient cimenté les catégories de poids.
Un Mécha léger était rapide et restait en vie en restant invisible, ou en esquivant les attaques ennemies. Ils servaient généralement d'éclaireurs, de saboteurs ou d’embusqueurs. Ils faisaient également d'excellents volants.
Un Mécha moyen était agile et pouvait supporter une quantité limite de dégâts. C’était le touche-à-tout du monde des Méchas, capable de remplir n'importe quel rôle grâce à sa flexibilité inégalée.
Un Mécha lourd ne prenait pas la peine d'esquiver, préférant encaisser toutes les attaques qui arrivaient. Il était considéré comme un tank en raison de sa capacité à défendre une position, ou au contraire, à percer les lignes ennemies.
Toute l’industrie s’était développée autour de ces trois archétypes. Le système de développement et d'octroi de licences pour des composants interchangeables et modulaires apparut lorsque différents clients demandaient à pouvoir monter leurs jouets favoris sur leurs Méchas préférés. De nombreux composants avancés inventés de nos jours limitaient leur utilisation à une seule catégorie de poids, afin de maintenir la compatibilité.
Mais malgré cet écosystème florissant de Méchas et de composants, il y a toujours eu des personnes qui voulaient faire un pas en avant pour elles-mêmes. C'est ce qui s’était passé lors de l'introduction du Fléau sur le champ de bataille par le Nouvel Empire de Rubarth.
Le Fléau était un Mécha capable de rivaliser avec un vaisseau à basse altitude. Son châssis et ses innombrables composants pesaient autant qu'une douzaine de Méchas lourds, mais leur construction était cent à mille fois plus chère. Les nombreuses technologies qui permettaient à un tel géant de rester en un seul morceau et l'empêchaient de s'effondrer sous son propre poids étaient très coûteuses à reproduire. Un Mécha aussi grand et aussi lourd ne semblait tout simplement pas rentable.
Mais cela n'avait jamais arrêté les Néo-Rubarthiens. Ils avaient investi avec soin dans son développement et avaient gardé le projet secret pendant au moins une génération entière de Méchas. Ce n’était qu’après avoir suffisamment peaufiné le Mécha pour opérer dans des environnements planétaires hostiles qu'ils lancèrent le premier Fléau sur le champ de bataille.
À l'époque, il avait laissé derrière lui une hécatombe. La ville dans laquelle il avait combattu avait subi tellement de dégâts que les Néo-Rubarthiens avaient estimé que la bataille aurait pu être moins dommageable s'ils avaient tiré quelques ogives tactiques illégales.
À l'heure actuelle, les Fléaux étaient des armes au statut juridique douteux, dans l'espace humain. De nombreux États hostiles au Nouvel Empire de Rubarth cherchaient à rédiger un traité interdisant ces Méchas super-massifs. Les ravages qu'ils pouvaient provoquer rivalisaient avec les armes de destruction massive. En réalité, il était justifié de les classer dans la catégorie des dernières armes de destruction massive inventées par l'homme.
Tout cela ne servit pas à grand-chose à Melinda, car le mastodonte bougeait enfin. Il leva l'un de ses bras hérissé de canons et pointa dans la vague direction de la base militaire de l'équipe bleue.
« Oh merde. Sors de là Janet ! »
« Je suis déjà sur le coup ! »
Le Fléau tira, et le monde entier devint blanc.
