The Novel KeepersThe Mech Touch

Chapitre 11 - Problème d'argent

Chapitre n° 11 – Problème d’argent



Traducteur/Checker : SP76

Ves se lança dans le plus grand pari de sa vie. S'il gagnait, il serait en mesure de produire un Mécha exceptionnel et de le vendre avec de gros bénéfice, ce qui lui permettrait de faire face au paiement imminent de ses intérêts. Le succès ne tenait qu'à un fil, et chaque fois que Ves trébuchait, c’était tout le projet qui risquait de s'écrouler.

Tout d'abord, Ves devait s'habituer à l’Auguste César. Heureusement, une licence de production dans l'univers réel comptait également comme une licence virtuelle, dans Iron Spirit. Il lui suffisait d'envoyer une copie de l'accord de licence à l'assistance du jeu pour pouvoir bricoler et vendre le modèle dans le jeu.

En tant que Mécha de la Dernière Génération, selon les normes actuelles, l’AC-1 comptait comme un Mécha 5 Étoiles dans le jeu. Cela signifiait que seuls les pilotes les plus âgés et les plus compétents avaient la possibilité d'acheter ce Mécha. Le Auguste César pouvait être vendu à un prix plus élevé, ce qui permettrait à Ves de tirer des bénéfices de ses ventes s'il concevait une variante suffisamment bonne.

Les différences de Ligues d'Iron Spirit limitaient la qualité des Méchas qu’on pouvait jouer en fonction de la progression dans le jeu.

Un joueur en Bronze n'avait accès qu'à des Méchas 1 étoile.

Un jour en Argent avait accès aux Méchas 2 Étoiles et 3 Étoiles, mais il pouvait toujours jouer avec des Méchas 1 Étoile s'il voulait s'amuser.

Un joueur en Or avait accès aux Méchas 4 et 5 Étoiles. La plupart des pilotes qui ne poursuivaient pas de carrière pro dans le pilotage de Méchas restaient dans cette ligue.

À partir de la Ligue de Platine, l'accès à tous les Méchas, y compris les mythiques 10 étoiles, était illimité. Cependant, plus le niveau était élevé, et plus les Méchas coûtaient cher à l'achat et à la réparation. Les Méchas les plus sophistiqués nécessitaient même des semaines de temps en jeu pour être réparés s'ils étaient complètement détruits. Cela signifiait qu'un bon nombre de joueurs en Platine et en Diamant prennent encore ocasionnellement un Mécha 5 Étoiles dans un match pour gagner de l'or facilement.

Les Méchas 5 étoiles étaient donc l'un des niveaux les plus rentables d'Iron Spirit. Les modèles les plus performants attiraient particulièrement l'attention. Cependant, le mystère de savoir si Ves pouvait percer sur ce marché restait entier, étant donné qu'il ne connaissait pas bien le Auguste César, et qu'il n'avait pas l'expérience nécessaire pour l'utiliser.

Pendant les 45 jours précédant le début de l’EJT, Ves devra procéder à une refonte complète et réaliste du modèle de base du AC-1. Il devra acquérir de nouvelles sous-compétences et des crédits pour acheter des licences virtuelles des composants dont il avait besoin pour sa refonte.

Entre-temps, il devra publier un certain nombre de modèles de Méchas dans le jeu afin de générer encore plus de crédits. Une grande partie de cet argent servirait à acheter les licences de production dans la réalité des composants qu'il avait utilisés dans le jeu.

Cela semblait terriblement compliqué, mais en réalité, Ves n'avait pas besoin de changer ce qu'il avait fait jusqu'à présent. Il lui suffisait de continuer à concevoir des variants et de les mettre en vente dans la boutique du jeu.

Tout d'abord, Ves contacta le service d'assistance d'Iron Spirit afin d'obtenir sa licence virtuelle. La licence de production d'un Mécha Dernière Génération coûtait déjà plusieurs millions de crédits. Il serait damné s'il était forcé d'acheter la licence virtuelle d'un Mécha 5 étoiles, qui pouvait atteindre des millions.

En attendant que sa demande soit approuvée, Ves se coupa de toute distraction et chargea le AC-1 dans le modéliseur du Système pour commencer à le bricoler. Il voulait démonter son armure brillante, et voir à quel point c’était le chaos à l’intérieur. En plus de trouver un matériau de remplacement pour son armure, Ves devait également optimiser la composition interne afin de transformer le AC-1 en un Mécha compétitif.

Un coup d'œil et ses espoirs sont anéantis. On aurait vraiment dit que quelqu'un avait pris l'équivalent d'une assiette de spaghettis et avait essayé de les faire tenir dans une petite tasse. C'était faisable, mais cela écrasait tout et laissait beaucoup trop peu de jeu. Les câbles, les tuyaux et les supports structurels étaient tous entassés les uns à côté des autres, parfois dangereusement. Par exemple, si un certain câble se rompait et produisait des étincelles électriques, il pouvait enflammer le gaz libéré par un tuyau percé.

Ves savait que ces liens pouvaient provoquer une catastrophe, mais il n'avait ni les compétences ni les ressources nécessaires pour régler le problème. Il ne pouvait que documenter chaque défaut qu'il rencontrait et revenir sur le problème plus tard. Ves passa le reste de la journée à passer au peigne fin chaque composant, au point de démonter le moteur même s'il ne comprenait pas grand-chose au fonctionnement des composants avancés.

Ves respira profondément lorsqu'il eut fini d'examiner le Auguste César. S'il voulait comprendre le modèle plus en profondeur, il devait fabriquer le modèle de base. Il prit une minute pour se connecter au jeu et inspecta les conditions de marché du modèle.

« Bon sang, c'est cher ! »

Un AC-1 moyen se vendait environ cinquante mille crédits, et c'était pour un objet en jeu ! Les Méchas 5 étoiles appartenaient à une section du marché totalement différent de celui des Méchas 1 Étoile. Ces derniers étaient destinés aux enfants, tandis que les premiers étaient vendus aux professionnels.

Les matières premières nécessaires à la fabrication du Mécha coûtaient probablement des dizaines de milliers de crédits. Depuis que Ves avait fixé des prix plafonds pour ses Méchas virtuels, il n'avait pas gagné un seul crédit ou or, même après avoir vendu plus d'une centaine de modèles.

« Je gagne une bonne quantité de PC sur chaque vente. Si j'augmente les prix, mes Méchas ne pourront pas rester compétitifs sur le marché. Il vaut mieux que je ne change pas les prix. »

« J'ai encore un certain nombre de licences virtuelles 1 étoile. À ce stade, elles sont utiles, mais pas nécessaires pour mon projet. Je me demande si je peux les rembourser. Je les ai achetées de ma poche après tout. Peut-être que leurs conditions ne sont pas aussi restrictives. »

Ves chercha sur le réseau s'il pouvait tirer un peu d'argent de ces licences. À son grand soulagement, la BSBH Corporation avait en effet établi une politique standard pour les remboursements. Le Auguste César était une merveille de son temps. Pour résoudre ses nombreuses énigmes, Ves avait dû acquérir de nouvelles compétences.

Mais s'il devait économiser beaucoup de PC, il ne pouvait pas non plus se passer de crédits. Ves consulta sa boîte mail et fut soulagé de voir que l'assistance du jeu approuvait sa demande de licence virtuelle pour le AC-1. Après avoir chargé le modèle de base du Mécha dans l'atelier du jeu, il reçut une facture désagréable.

« Il faut donc compter environ quarante mille crédits de matières premières pour construire le modèle de base. Même si le prix de l'or semble plus intéressant, ce n'est pas non plus comme si j'avais un sac d'or virtuel. »

Le manque d'argent liquide freinait les progrès de Ves dans ses recherches sur le Auguste César. Il n'y avait pas grand-chose qu'il puisse faire pour changer le design du Mécha.

Ves avait appris une leçon importante lors de la création des variants du Fantasia. Un créateur passionné devait mettre la main à la pâte. Il ne suffisait pas de faire quelques gribouillis dans un programme de modélisation pour devenir un créateur chevronné. Un véritable expert se salissait les mains en assemblant chaque pièce pour voir comment elle fonctionnait et où se situaient les problèmes.

Ne disposant que d'environ neuf mille crédits, Ves devait en trouver au moins 31 000 auprès de toutes les sources possibles. Il chercha d’abord dans le Système, mais n'avait pas trouvé d'option pour convertir ses PC en crédits. Il pourrait peut-être acheter quelques babioles à la boutique et les revendre pour une modique somme, mais cette option gaspillait trop de points précieux.

« Est-ce que je dois appeler Melinda ? » se demanda Ves à voix haute.

La famille est soudée. Si Ves prenait le temps d'expliquer ses plans et ses difficultés à sa cousine, il était sûr qu'elle lui prêterait des crédits.

« Non. C'est à cause de ma mauvaise planification que je manque de crédits. »

S'il pleurait et demandait à sa famille qu'elle le tire d'affaire, elle lui donnerait peut-être un coup de main, bien sûr, mais cela prouverait aussi qu'il n'en avait fait qu'à sa tête. Ses oncles et tantes désapprouvaient déjà son parcours. Il voulait éviter de leur donner crédit.

Peut-être vendre les pierres précieuses de Lucky ? Ves avait déniché une demi-douzaine de ces petits joyaux, et ils apportaient tous des avantages mineurs lorsqu'ils étaient installés sur n'importe quel Mécha. N'importe quel expert les adorerait s'il se rendait compte qu'il pouvait améliorer ses Méchas en installant un seul bijou.

Secouant la tête, Ves écarta l'idée. « Uniquement en cas d’urgence. »

S'il introduisait ces gemmes dans l'univers, beaucoup de gros bonnêts voudraient en connaître la source. Ves n'avait pas la force de s'isoler de l'univers connecté dans lequel il vivait. C'était un jeu d'enfant de le traquer une fois qu'il aurait révélé des bizarreries.

« Oublions. Je dois trouver autre chose. Qu'est-ce que j'ai qui a de la valeur, mais pas au point de pouvoir être vendu pour un peu d'argent ? »

L'atelier ? Hors de question. Le bâtiment, l'imprimante 3D et l'assembleur constituaient les besoins les plus élémentaires d'un fabricant de Méchas. Ves ne pouvait pas s'en séparer. S'il renonçait à l'atelier, il pourrait tout aussi bien s'arranger avec la banque pour obtenir un prêt.

Qu'avait-il d'autre ? Les licences, tout d'abord. Comme il venait de lire les termes de la licence de production du Auguste César, il savait très bien ce qu'il pouvait en faire. National Aeromotives ne permettait pas les magouilles et n'acceptait pas non plus le remboursement d'une licence acquise par une combine étrange.

Une licence virtuelle pouvait être cédée gratuitement dans la semaine si l'acheteur ne l'avait pas utilisée dans l'un de ses modèles actuels. Si le propriétaire possédait la licence depuis plus d'un an, le jeu ne lui rendait aucun crédit.

Ves se trouvait dans une situation intermédiaire, ayant acheté les licences pour plus d'une semaine mais beaucoup moins d'un an. Iron Spirit permettait aux acheteurs de récupérer 75 % de leur argent si les licences n'étaient pas utilisées, et seulement 50 % si elles l'étaient. Ces conditions ne s'appliquaient qu'aux licences achetées personnellement à des prix normaux.

Les licences achetées au rabais ou accordées par d'autres institutions ne comptaient pas, et malheureusement pour Ves, les licences virtuelles offertes par le Système entraient dans cette catégorie.

La tête de Ves tournait après avoir passé au peigne fin tous les accords de licence, mais son travail porta ses fruits. Il savait ce qu'il pouvait retourner et combien d'argent il pouvait récupérer du jeu. Il se rendit sur le site d'assistance d'Iron Spirit et soumit une demande de remboursement.

[Système de vol expérimental Astoria] : 12 500 crédits brillants

[CME Fayette Mk. I] : 3 500 crédits brillants

[Module d’aide à la visée Red Eye] : 4 999,50 crédits brillants

[Pack de batteries amovible MTTR] : 1 500 crédits brillants

[DMR léger Harconix Version 3] : 9 999,50 crédits brillants

[Blindage Ultraléger Mirin-21] : 5 000 crédits brillants

Le montant total des crédits que Ves s'attendait à récupérer était de 37 499 crédits. Il n’inclut pas le générateur de fumée dans sa demande de remboursement, il y tenait beaucoup. Il avait l'intention d'incorporer ce petit élément inoffensif dans ses autres créations chaque fois que cela s'avérerait utile.

Comme l'équipe d'assistance avait déjà reçu les informations personnelles de Ves lors de sa précédente demande de licence, elle s’empressa de traiter le remboursement. Une heure plus tard, Ves reçu un mail et un virement indiquant que sa demande de remboursement avait été acceptée.

Avec environ 45 000 crédits à dépenser, Ves était plus que prêt à commencer à produire le Auguste César, au moins dans Iron Spirit. Mais avant de le faire, il hésita.

Le Auguste César était un Mécha monstrueusement complexe. Bien que de nombreux processus avaient été rationalisés dans l'environnement de fabrication virtuel d'Iron Spirit, il s'agissait toujours d'une simulation réaliste. Si Ves ne parvenait pas à produire un Mécha correspondant aux spécifications du modèle de base, il se retrouverait au pire avec un Mécha invendable.

Un Mécha qui restait bloqué sur place ne signifie pas de nouvelles rentrées d'argent. Sans une autre source de crédits, il ne serait pas en mesure de produire un autre Mécha virtuel pour approfondir sa compréhension du modèle et gagner plus d'argent.

Tout cela signifiait qu'il ne pouvait pas échouer à la première étape.

« Je ne suis pas le seul dans ce cas. » Ves eut une idée, et se frappa le front. « Ce n'est pas parce que je ne peux pas demander de l'argent à Melinda que je ne peux pas lui demander des conseils. »

Il activa son communicateur et appela Bentheim.

Le visage de Melinda apparut. Au lieu des vêtements décontractés qu'elle portait lors de sa récente visite, elle apparut cette fois dans un uniforme formel. « Coucou mon petit Ves, quoi de neuf ? »

« Je vais bien, mais j'ai un petit problème. »

« D'accord, mais traine pas trop. Techniquement, je suis en service, je dois donc retourner au travail rapidement. »

Ves acquiesça et décrivit comment il avait reçu une licence de l'infâme César Auguste. Naturellement, l'organisation caritative mise en place par le système semblait irréprochable sur le papier, et Ves ne craignait donc pas que Melinda fouille où trouve quoi que ce soit de répréhensible. Il insista sur sa détermination à relever le défi de maîtriser sa conception.

Melinda fronça les sourcils et exprima sa désapprobation. « Ils t'ont vraiment jeté dans le grand bain. Le AC-1 est une machine de guerre, et ce n'est pas quelque chose qu'un jeune diplômé de l'université devrait connaître. Ça a l'air plutôt louche. »

« Ne t'en fais pas, Melinda. Dis-moi juste si tu peux obtenir quelque chose du Mécha Corps ou de la Garde planétaire de Bentheim. Sans t’attirer d'ennuis, bien sûr. »

Melinda fronça les sourcils. « Je peux demander quelques conseils aux mécaniciens. Je vais aussi voir si je peux trouver quelque chose dans les archives. Je te transmettrai tout ce que je peux trouver, tant qu'il ne s'agit pas d'informations classifiées ou confidentielles. »

« Merci beaucoup. Et je suis désolé de devoir te déranger autant. »

« Hé, tu es de la famille, Ves. Je ferais n'importe quoi pour t'aider. Je dois retourner travailler, alors à plus tard ! »

« Salut ! »

Cela fait, Ves se tourna vers un autre problème. Ses PC s'accumulant régulièrement, il devait dresser une liste provisoire des sous-compétences dont il avait besoin pour retravailler le AC-1. Il ouvrit son arbre de compétences et commença à passer en revue les compétences disponibles.